L’organisation mondiale de la santé (WHO) a qualifié les substances chimiques qui interfèrent avec le système hormonal (aussi appelées «perturbateurs endocriniens») dans une étude de 2013 de „global threat“, de «menace globale». Dans le secteur des cosmétiques les avis divergent, par exemple, au sujet du potentiel de toxicité de substances comme les parabènes qui interfèrent légèrement avec le système hormonal.

L’étude d’une association allemande de protection de l’environnement, le BUND (Bundes für Umwelt und Naturschutz Deutschland) démontre bien la problématique très répandue de l’utilisation de ces substances. Pour cette étude 60.000 produits de cosmétiques et de soin disponibles sur le marché allemand (et dans les pays germanophones limitrophes) ont été évalués. Le résultat :

  • 30 % des produits contenaient des perturbateurs hormonaux.
  • Un produit sur cinq contenait plusieurs perturbateurs endocriniens, par exemple des parabènes pour la conservation ou certains filtres UV. • Le Methylparaben était présent dans 24 % des produits, le Propylparaben dans 18 % des produits, L’ethylparaben dans 12 % et le Butylparaben dans 10 % des produits.
  • Chez les marques leaders du marché, comme L’Oréal et Beiersdorf (Nivea), presque un produit sur deux contenait des composants qui interfèrent de manière considérable avec le système hormonal.

Parabene

Les produits de cosmétique naturelle et bio certifiés ne contiennent aucun perturbateur endocrinien

Selon l’étude de l’association allemande de protection de l’environnement (le BUND), vous ne trouverez aucun perturbateur hormonal chez les fabricants et marques suivantes (marques principalement représentées sur le marché allemand, liste non exhaustive) :

  • Annemarie Börlind
  • Dr. Hauschka
  • Laverana Naturkosmetik (marque: Lavera)
  • Logocos Naturkosmetik (marques: Logona, Sante)
  • Weleda Naturkosmetik
  • Que l’on ne trouve pas de substance susceptible d’interférer avec le système hormonal dans les produits de cosmétique naturelle et bio certifiés, n’est pas très surprenant. Les substances concernées ne sont tout simplement pas autorisées.
  • De manière générale, la règle suivante s’impose : les produits certifiés par les différents cahiers des charges de cosmétique naturelle et bio : ECOCERT, NATRUE, BDIH, COSMOS ou Nature & Progrès, ne peuvent pas contenir de perturbateurs endocriniens, comme des parabènes ou certains filtres UV de synthèse.

Les conservateurs : un sujet particulièrement problématique

Les fabricants de cosmétique conventionnelle disposent d’une large palette de différents conservateurs. Leur utilisation est contestée pour les raisons suivantes :

  • Il existe des études qui démontrent que les parabènes présentent une légère activité oestrogénique.
  • Le Propyl-et Butylparaben sont par ailleurs susceptibles d’avoir un effet négatif (impactant) sur les hormones sexuels masculins (les androgènes), ce qui ne semble pas être le cas avec le Methylparaben und Ethylparaben.
  • En cosmétique naturelle et bio certifiée, on autorise seulement une liste très restreinte de conservateurs. Aucun des conservateurs considérés comme particulièrement problématique, (comme par exemple les substances organo-halogénées, susceptibles de libérer du formaldehyde) n’est autorisé.

Une nouvelle règlementation européenne pour les parabènes

Etant donné que le Comité Scientifique de Sécurité des Consommateurs Européens (SCCS) n’a jamais pris de décision claire concernant les parabènes, le Danemark a mis en place ses propres mesures : interdiction d’utiliser du Propyl-, Butyl-, Isopropyl- et Isobutylparaben dans les produits cosmétiques pour les enfants en-dessous de 3 ans. En 2013, le SCCS a finalement émis une règlementation au sujet des parabènes.

Selon le SCCS, les parabènes autorisés ne représentent pas de risque, même pas pour les enfants. Concernant les tout-petits, jusqu’à l’âge de 6 mois, le SCCS ne peut par contre pas totalement écarter de risque, notamment au sujet des produits de soin pour le change.

  • La zone délicate du change est souvent irritée, ce qui peut favoriser l’absorption de substances par la barrière cutanée. Afin de mieux évaluer les éventuels risques, il faudrait approfondir les recherches à ce sujet. Le meilleur conseil pour les parents aujourd’hui, c’est d’opter d’ores et déjà pour la sécurité en sélectionnant des produits de change qui ne contiennent pas de parabènes.

Les consommateurs sont en mesure de faire pression

L’étude du BUND a crée un véritable tollé en Allemagne. Et cette étude a fait son effet :

  • La société Johnson & Johnson, fabricant de la légendaire crème pour bébés Penaten a décrété qu’il n’y aurait plus de parabènes dans sa crème de change à partir de mi-mars 2014.

Chasser la peste par le choléra

Attention! De nombreux produits mentionnent désormais «sans parabènes» sur leurs emballages. Mais quels sont les conservateurs qui sont utilisés à leur place ?

Les consommateurs devraient notamment vérifier si le « Methylisothiazolinone » est présent dans la liste des ingrédients. Très souvent ce composant est utilisé à la place des parabènes. Cela revient à chasser la peste par le choléra, car de plus en plus de personnes sont allergiques au Methylisothiazolinone.

Un grand nombre de personnes a bien retenu le nom des parabènes et les évite désormais en tant que conservateurs. Néanmoins, il serait maintenant temps de retenir un nouveau nom, celui du Methylisothiazolinone. Il suffirait déjà de se rappeler des appellations «Methyliso» et «Methylchloro» pour éviter deux substances au potentiel allergique très élevé.

 

Methylisothiazolinone et Methylchloroisothiazolinone

Ces deux conservateurs sont présent soit de manière isolée, dans ce cas on utilise essentiellement du Methylisothiazolinone, soit utilisés par paires : du Methylisothiazolinone en combinaison avec du Methylchloroisothiazolinone.

  • Dans ma base de données de désignations INCI, ces conservateurs récoltent de très mauvaises notes depuis longtemps, même si l’industrie des cosmétiques prétend qu’ils sont sûrs. Les preuves récentes en témoignent : le nombre de personnes qui ont des réactions allergiques importantes provoquées par le Methylisothiazolinone, est en augmentation constante. Même constat pour l’association du Methylisothiazolinone avec le Methylchloroisothiazolinone, on ne peut pas se fier à leur innocuité.
  • La Fédération pour l’Information des Cliniques Dermatologiques (Informationsverbund Dermatologischer Kliniken, IVDK) dispose de la plus importante banque de données concernant la problématique des allergies. 40 cliniques dermatologiques d’Allemagne, d’Autriche et de Suisse appartiennent à cette fédération. Le système de veille de l’IVDK permet de donner rapidement et efficacement l’alarme. Le IVDK a lancé une alerte au sujet de ces nombreuses réactions allergiques provoquées par le Methylisothiazolinone. Le magazine de consommateurs allemand ,-Öko Test-, cite le professeur Axel Schuch, Directeur du IVDK: «Aucune autre substance allergisante ne provoque autant de réactions allergiques, avec une évolution presque épidémique».

Des eczémas sur le visage et les mains, dus au Methylisothiazolinone

Entre 2009 et 2012 le nombre de personnes concernées s’est multiplié par trois : le taux est passé de 1,94% à 6,02%. L’utilisation du Methylisothiazolinone est particulièrement problématique dans les produits qui restent sur la peau. Le professeur Schuch explique dans le magazine Öko test que «le Methylisothiazolinone ne devrait plus être utilisé dans des produits sensés rester sur la peau».

  • Courant Septembre 2013, l’émission de télé BBC-One-Watchdog signalait une augmentation considérable de réactions allergiques au produit Piz Buin 1-day-long sun Lotion, dues au Methylisothiazolinon et questionnait différentes sociétés au sujet de ce conservateur. Les communiqués de ces sociétés montrent qu’à ce stade presque tous les fabricants mettent encore en avant l’innocuité du Methylisothiazolinone.
  • Vous trouverez ces informations (en anglais) à cette adresse : http://www.bbc.co.uk/programmes/b006mg74/features/mi-update
  • Le site suivant démontre bien que le Methylisothiazolinone est utilisé dans plusieurs milliers de produits : http://www.goodguide.com/ingredients/53090-methylisothiazolinone

Deux exemples de crèmes : L’Oréal & Beiersdorf

En tant que composant «isolé», on retrouve du Methylisothiazolinone principalement dans des produits sensés rester sur la peau.

  • Beiersdorf (Nivea) fait partie de ces sociétés qui proposent des produits conservés avec du Methylisothiazolinone, utilisé à la place des parabènes. C’est par exemple le cas pour les produits de soin visage de la gamme „Pure & Natural“ (également disponible sur le marché sous le nom „Natural Balance“).
  • La crème BB Total Repair 10- Revitalift de L’Oréal contient également le conservateur Methylisothiazolinone.

Beiersdorf veut se passer du Methylisothiazolinone à partir de 2015

Si le fabricant Beiersdorf supprimera le Methylisothiazolinone à partir de 2015 dans ses produits, cela veut dire que beaucoup de produits avec cette substance très allergisante resteront encore sur le marché pendant un bon moment. Quoi qu’il en soit : d’autres fabricants de cosmétiques devraient suivre l’exemple de Beiersdorf au plus vite.

  • Le conseil scientifique de la commission européenne (SCCS) prévoit quelques interdictions au sujet des parabènes. Pour l’instant, il n’y a pas eu de réaction au sujet de l’augmentation de réactions allergiques dues au Methylisothiazolinone. Seule l’association Methylchloroisothiazolinone -Methylisothiazolinone a fait l’objet de quelques restrictions.

Tout aussi allergène : le Methylchloroisothiazolinone en tandem avec le Methylisothiazolinone

En 2010 le SCCS s’est penché sur la question de l’association du Methylchloroisothiazolinone avec du Methylisothiazolinone. Etant donné que cette association contient un potentiel allergique important, il a été décidé que cette combinaison serait autorisée uniquement dans des produits qui ne restent pas sur la peau, comme les shampooings, par ex. Il existe certainement plus d’un millier de produits qui contiennent une combinaison de Methylchloroisothiazolinone et de Methylisothiazolinone, voici juste quelques exemples :

  • Shampooing EverPure de L’Oréal.
  • Chez John Frieda , par exemple, le Masque Intensif Miraculous Recovery – Friss Ease, la  Mousse Coiffante Boucles Idéales ou le Shampooing Go Blonder.
  • Le Shampooing Oil Nutrition, le Shampooing Intense Care et d’autres shampooings de la marque Dove.

Personne ne peut vraiment confirmer si la quantité maximale autorisée est vraiment sûre et ne posera aucun problème. Les personnes avec des peaux sensibles, à tendance allergique, devraient plus particulièrement faire attention à la composition de leurs produits. Dans le cas de substances très allergisantes, comme l’association du Methylchloroisothiazolinone avec du Methylisothiazolinone, les taux de réactions allergiques peuvent s’emballer, tout comme c’est déjà le cas pour le Methylisothiazolinone, utilisé seul.

 

source : laveritesurlescosmetiques.com