Un taux de 5 % d’aluminium dans un seul déodorant – c’est vraiment beaucoup ! Dans son dernier communiqué l’Institut allemand d’évaluation des risques, le BfR (Bundesinstituts für Risikobewertung) demande de tirer les conclusions qui s’imposent, suite aux dernières études concernant les composants à base d’aluminium dans les déodorants et anti-transpirants. Dans son communiqué le BfR en vient à la conclusion suivante : Si la peau est abîmée, ou qu’elle vient juste d’être rasée, par exemple, le taux de tolérance d’absorption le «TWI» (taux de tolérance maximale d’absorption d’aluminium hebdomadaire) est souvent déjà atteint, rien qu’avec l’utilisation quotidienne d’un anti-transpirant à base de composants d’aluminium.

 

A partir de quel niveau l’aluminium pose-t-il problème ?

Que des taux élevés d’aluminium aient un effet néfaste sur la santé est bien connu. Une vie sans jamais être en contact avec l’aluminium est tout simplement impossible. Il est le troisième élément présent sur terre, notamment dans un grand nombre de plantes, qui font naturellement partie de notre alimentation. Les aliments naturels ont depuis toujours constitué la base de notre alimentation mais de là à les déclarer aujourd’hui comme facteurs à risque n’aurait aucun sens, l’homme ne serait pas en mesure de survivre sans ces aliments.

  • Si l’homme n’absorbait l’aluminium qu’à travers la nourriture et les plantes, cela ne serait pas si problématique. Ce qui pose souci, c’est quand l’aluminium est présent en grande quantité, qu’il s’accumule dans les tissus et devient ainsi problématique pour la santé.

L’aluminium est principalement absorbé à travers l’alimentation 

«L’une des sources principales d’exposition à l’aluminium pour l’homme, c’est l’alimentation», constate le BfR dans son dernier communiqué (007/2014) intitulé «Les anti-transpirants qui contiennent de l’aluminium contribuent à l’absorption de l’aluminium».

Dans notre mode de vie occidental par contre, très peu de produits alimentaires sont des produits purement naturels. Il y a des aliments qui peuvent par exemple contenir des additifs à base d’aluminium. Et nous voici au vif du sujet : il y a désormais une multitude de sources possibles pour absorber toujours davantage d’aluminium. L’aluminium peut se détacher d’ustensiles de cuisson, de boites de conserves, de papier d’aluminium pour se retrouver ensuite dans les aliments, il y a également des médicaments qui en contiennent, ainsi que bien d’autres «inventions» humaines, qui nous desservent au final.

 

A partir de quelle quantité l’aluminium représente-il un danger ?

 Etant donné que l’homme a toujours naturellement absorbé de l’aluminium, la question centrale est la suivante : à partir de quel taux d’absorption atteint-on la «zone à risque» ? Les autorités européennes pour la sécurité alimentaire (EFSA) ont défini un taux spécifique pour l’absorption hebdomadaire maximale «tolérable» le «TWI». Ce taux est de 1mg d’aluminium par kilogramme de poids.

  • Dans son dernier communiqué au sujet des anti-transpirants, le BfR questionne aujourd’hui la présence de composants à base d’aluminium dans les cosmétiques et attire l’attention sur un phénomène que j’évoque depuis des années déjà : «l’effet cocktail». Dans ce communiqué on peut notamment lire : «Les consommatrices et consommateurs absorbent déjà des quantités élevées d’aluminium à travers l’alimentation, et la quantité hebdomadaire maximale d’absorption tolérable est sans doute déjà atteinte par le seul biais de l’alimentation pour une partie de la population.» C’est la raison pour laquelle, selon le BfR «le taux maximal d’absorption tolérable» (TWI) pourrait déjà être dépassé avec l’utilisation permanente de cosmétiques qui contiennent des composants d’aluminium et provoquer un effet d’accumulation dans le corps.»

Quels rôles jouent les cosmétiques dans l’absorption de l’aluminium ?

 Concernant l’absorption cutanée et les effets de l’aluminium que l’on retrouve dans les produits cosmétiques, il existe peu d’évaluations, à ce jour. Selon le BfR «Il manque des études importantes et des données cliniques humaines.» On ne connaît pas non plus exactement la quantité d’aluminium absorbée par chaque individu. Pour un adulte, le taux se situe entre «1,6 mg et 13 mg par jour». Il peut donc y avoir des différences importantes.

  • Et pourtant le BfR constate : «Suite aux dernières études concernant entre autre la pénétration de sels d’aluminium issus d’anti-transpirants à travers la peau et aux évaluations de risques émanant de la France et de la Norvège (AFSSAPS, 2011, VKM, 2013), l’exposition des consommateurs face à l’aluminium contenu dans les anti-transpirants fait l’objet d’une évaluation de risques sanitaires.» La conclusion : les personnes qui utilisent des anti-transpirants à base d’aluminium s’exposent à des risques plus élevés.
  • Pour ne pas se perdre dans la jungle des différents produits cosmétiques qui contiennent des composants à base d’aluminium très différents les uns des autres, il est nécessaire de fixer des priorités.

L’étape la plus importante, pas de déodorants à base d’aluminium, même pas de pierre d’alun 

 Les anti-transpirants sont à la tête des produits controversés contenant de l’aluminium. Pourquoi ?

  • La première raison : ces déodorants sont utilisés par beaucoup de personnes au quotidien, parfois même appliqués plusieurs fois par jour.
  • La deuxième raison : les anti-transpirants contiennent de l’aluminium soluble dans l’eau – sous forme d’ions ou de sels. Dans ces compositions, les ions sont souvent associés à d’autres ions- sous forme d’aluminiumchloride, par exemple.
  • La troisième raison : ces substances sont employées en très grande quantité dans les anti-transpirants. Selon les informations du BfR « des taux de 20 % sont tout à fait habituel dans les anti-transpirants». Cela correspondrait à un taux d’aluminium d’environ 5 %. Les bulletins de la fédération allemande des professionnels des cosmétiques et produits nettoyants (Industrieverbandes Körperpflege- und Waschmittel e.V. (IKW) indiquent de leur côté des concentrations de chlorhydrates d’aluminium qui vont jusqu’à 30 %, dans les crèmes anti-transpirantes par exemple. (IKW, 2012).

Les anti-transpirants sont particulièrement problématiques pour les peaux abîmées et en version spray

 Personne ne sait vraiment quelle quantité d’aluminium se retrouve finalement dans le corps, suite à l’utilisation de ces déodorants. Des études effectuées jusqu’à présent montrent par contre que – quand la peau est abîmée (par exemple la peau des aisselles fraîchement rasée)-, beaucoup plus d’aluminium s’accumule dans les tissus. Le BfR conclut que «le taux maximal d’absorption tolérable (TWI) pourrait déjà être atteint intégralement avec l’utilisation quotidienne d’anti-transpirants, qui contiennent des composants d’aluminium

  • Quand on utilise un anti-transpirant en version spray, on l’applique d’une part sur une surface plus large et d’autre part on respire les particules du spray. C’est la raison pour laquelle les anti-transpirants en version spray posent nettement plus de problème que la version stick.

Vous pouvez identifier les composants à base d’aluminium dans liste INCI, notamment avec les désignations suivantes :

  • Aluminum Chloride
  • Aluminum Chlorohydrate
  • Aluminum Chlorohydrex 
  • Aluminum Chlorohydrex PG
  • Aluminum Sesquichlorohydrate
  • Aluminum Zirconium Trichlorohydrex GLY 

En cosmétique naturelle et bio certifiée, ces composants d’aluminium de synthèse ne sont pas autorisés.

 

Les déodorants à base de pierre d’alun: susceptibles de libérer de l’aluminium

 Les composants à base d’alun sont autorisés en cosmétique naturelle et bio certifiée. Au sujet de l’alun, le BfR constate : «Malheureusement, on n’en sait encore moins au sujet de l’absorption de l’alun qu’au sujet des chlorhydrates d’aluminium. Nous ne pouvons pas nous prononcer à ce sujet.» (Source : http://m.biohandel-online.de/2014/02/bfr-neue-position-zu-alu-deos/).

  • Et pourtant : l’alun est en effet mieux toléré par la peau que les chlorhydrates d’aluminium, mais on peut partir du principe qu’il agit de manière similaire que les sels d’aluminium. Ce qui veut dire que les compositions à base d’aluminium franchiraient la barrière cutanée.

Les désignations INCI suivantes désignent les composants d’alun :

  • Potassium Alum 
  • Ammonium Alum

Si vous voulez jouer la carte de la sécurité concernant l’aluminium, il serait préférable d’utiliser des déodorants contenant d’autres matières actives. En cosmétique naturelle et bio certifiée, il existe une multitude d’autres déodorants.

 

Les dentifrices contenant du fluorure d’aluminium

Le dentifrice est utilisé quotidiennement et partiellement ingéré. Si vous souhaitez limiter l’absorption d’aluminium, il est préférable de renoncer au fluorure d’aluminium, composant agissant contre les caries.
INCI:

  • Aluminum Fluoride 

Protection solaire avec composants enrobés d’aluminium 

 Dans les produits solaires, l’aluminium se retrouve également dans l’enrobage des nanoparticules de dioxyde de titane. En cosmétique naturelle et bio certifiée, seuls les filtres minéraux, comme le dioxyde de titane, sont autorisés. Seul le dioxyde de titane micronisé sous forme de nanoparticules permet d’atteindre des indices de protection élevés et des formules qui pénètrent bien, qui ne laissent pas de traces blanches épaisses sur la peau.

  • Est ce que l’enrobage d’aluminium de composants dans les produits solaires fait partie de la problématique de l’aluminium ? Dans le communiqué du BfR on peut lire «On peut partir du principe que l’enrobage d’aluminium de nanoparticules de dioxyde de titane dans certains produits solaires pourrait se détacher sous certaines conditions» (Virkutyte et al, 2012). Quelle est la quantité d’aluminium qui pourrait éventuellement être absorbée par ce biais ?
  • Le BfR renvoie à une étude de 2007 (Nicholson und Exley). Selon cette étude, on atteindrait au bout de cinq applications une concentration d’aluminium de 0,14 mg. En comparaison : quand vous utilisez un anti-transpirant qui contient 20 % de sels d’aluminium, vous êtes susceptibles d’absorber quotidiennement 5 mg d’aluminium – c’est à dire 35 fois plus. Selon le BfR, il n’y aurait par contre pas de données au sujet de la pénétration cutanée de l’aluminium émanant de l’enrobage du dioxyde de titane dans les produits solaires.
  • Avant d’éviter les produits solaires certifiés en cosmétique bio par crainte d’enrobage d’aluminium, il faudrait néanmoins tenir compte de l’élément suivant; les produits solaires conventionnels peuvent contenir un grand nombre de composants particulièrement problématiques, comme par exemple des filtres UV perturbateurs endocriniens, ou d’autres composants très allergisants ou controversés. Se limiter à vérifier la présence ou l’absence d’aluminium, c’est malheureusement bien trop réducteur. Et cela reste valable pour tous types de produits cosmétiques.

Bien évaluer les risques potentiels

 Le dernier communiqué du BfR porte sur les anti-transpirants qui contiennent des sels d’aluminium. Les sels d’aluminium ne sont par contre pas comparables à d’autres composants, comme les silicates d’aluminium. Selon les informations , le constat suivant reste valable : concernant les silicates d’aluminium, les combinaisons sont si solides que l’aluminium ne peut pratiquement pas se détacher. Cela vaut également pour le Calcium Aluminium Borosilicate. Cette substance fait partie des pigments (verre).

  • Un déodorant qui contient des sels d’aluminium et un fard à paupières qui contient le composant Alumina ne sont absolument pas comparables. Les sels d’aluminium sont solubles dans l’eau ce qui n’est pas le cas avec l’Alumina, qui par ailleurs est intégré dans un fard à paupières dans une formulation sans eau.
  • Toutes les données disponibles à ce jour montrent bien que les sels d’aluminium représentent un risque particulièrement élevé. C’est lié à la catégorie des composants d’aluminium employés et au fait qu’ils soient utilisés à hauteur de 20 % et parfois même plus.

Choisir des cosmétiques naturels et bio certifiés, signifie éviter une multitude de risques 

extrait de www.laveritesurlescosmetiques.com